Le Château de Chantilly

La collection de peintures fait du château de Chantilly le second musée français de peintures anciennes (avant 1850) après le musée du Louvre.

La Galerie des Cerfs

La Galerie des Cerfs, immense salle à manger de réception du duc d'Aumale, fut élevée de 1875 à 1880 par l'architecte Honoré Daumet.
Le prince y reçut toute l'élite artistique et intellectuelle de son temps, sous les tapisseries des Chasses de Maximilien d'après les cartons de Bernard van Orley. Cette tenture fut exécutée aux Gobelins à la fin du XVII ème siècle pour le comte de Toulouse, fils naturel de Louis XIV. Une tribune domine la porte d'entrée et pouvait accueillir des musiciens durant les dîners.

La Galerie de Peinture

La galerie de peintures comme si vous y étiez ! Baladez-vous sur l’image et cliquez sur les œuvres pour lire les commentaires.

Elle est typique de la présentation des musées du XIXème siècle, qu'ils soient privés ou publics. Le duc d'Aumale a souhaité dans son testament voir conserver cet accrochage.
C'est une vaste salle aux angles abattus, éclairée par une verrière zénithale ; les oeuvres sont présentées cadre à cadre sur les cimaises d'un rouge pompéien, en fonction des formats, sans logique chronologique : sur le mur de gauche, des tableaux italiens, ou peints en Italie (Poussin, Dughet), sur celui de droite l'école française.

Nombreux portraits historiques français des XVIIème-XVIIIème siècle, comme Mazarin ou Richelieu par Philippe de Champaigne. Certains viennent des Condé (Portrait de Mlle de Clermont, soeur du duc de Bourbon, par Nattier, 1729) ; le Portrait de Marie-Antoinette, Dauphine, en 1773 par Drouais, est une commande de Louis XV pour le château de Choisy.
Le Déjeuner d'huîtres de J.F. de Troy et Le Déjeuner de jambon de Nicolas Lancret (1735, de chaque côté des marches menant à la Rotonde) furent commmandés par le roi Louis XV pour la salle à manger des petits appartements de Versailles.

Néo-classicisme (Gérard, les Trois Ages, 1806, coll. Caroline Murat) et romantisme (Delacroix, Les Deux Foscari, 1855).
Le duc d'Aumale, qui avait vécu en Algérie, aimait l'orientalisme (mur de droite), et particulièrement Alexandre-Gabriel Decamps mais aussi Horace Vernet, Marilhat, Ziem et Fromentin (Chasse au héron en Algérie, 1865). Le duc d'Aumale, ancien général, acquiert également des tableaux militaires de Meissonier (Les Cuirassiers de 1805) et Alphonse de Neuville.

Les galeries du Logis

A l'origine consacrées à la présentation de dessins, ces deux galeries présentent désormais des oeuvres montrant les transformations de Chantilly au cours de son histoire et les événements historiques qui s'y déroulèrent.


Pierre Vernet,
Courses à Chantilly en 1836

Les premières courses eurent lieu à l'instigation du duc d'Orléans, frère du duc d'Aumale, dont les cavaliers portent les couleurs : casaque écarlate, toque de velours bleu à glands d'or. Ils passent devant les tribunes ; on voit à gauche les Grandes Ecuries, et à droite la terrasse du grand château (rasé après la Révolution), le petit château subsistant et le château d'Enghien. La composition s'inspire du Derby d'Epsom de Géricault (Louvre, 1821).

Salle Clouet

Portraits français de la Renaissance dont tous les rois et reines de France au XVI ème siècle : François Ier, Henri II, Charles IX, Henri III et la reine Catherine de Médicis (quatre portraits différents), ainsi que l'écrivain Montaigne.
Au cours du XVI ème siècle, l'art du portrait se transforma en raison de la présence en France d'artistes d'origine flamande comme Jean Clouet ou Corneille de La Haye, dit Corneille de Lyon. Jean Clouet, dit Janet, mourut probablement en 1541 ; son fils François, également surnommé Janet et dont l'oeuvre a souvent été confondue avec celle de son père, lui succéda dans ses charges et à la tête de son atelier. L'ouvre de Jean Clouet consiste uniquement en portraits peints sur des panneaux de petit format, les modèles étant présentés à mi-corps, les visages éclairés d'une lumière égale, les mains posées au premier plan. Corneille de Lyon est spécialiste de portraits sur des fonds verts qui mettent le personnage représenté en valeur. Tous pratiquèrent un art du portrait très intimiste et réaliste, où le modèle ne regarde pas le spectateur. Chantilly conserve également plus de trois cent soixante portraits dessinés du XVIème siècle, parmi lesquels un grand nombre de dessins préparatoires pour les tableaux exposés dans la salle Clouet.


Jean Clouet
Portrait de François Ier


François Clouet,
Marguerite de France
reine de Navarre

Salle Caroline

La salle Caroline, ainsi nommée en l'honneur de la duchesse d'Aumale, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, princesse de Salerne, présente des portraits français des XVIIème et XVIIIème siècles.


Watteau,
Le Donneur de Sérénade

Deux charmantes figures, Le Donneur de Sérénade et L'Amante inquiète de Watteau et quatre têtes d'étude par Jean-Baptiste Greuze dont une Tête de jeune fille, qui serait une esquisse pour L'accordée de village (Louvre, 1761).

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Salon d'Orléans

Ancien cabinet des dessins du duc d'Aumale, le salon d'Orléans présente la porcelaine de Chantilly. Créée en 1725 à l'initiative du duc de Bourbon afin de limiter l'importation de porcelaines de Chine ou du Japon, la manufacture de porcelaines produisit à l'origine des pièces inspirées des porcelaines extrême-orientales, aux motifs "kakiemon", puis des pièces au décor bleu, "à la brindille" ou "à l'œillet". La porcelaine de Chantilly, qui n'est en fait qu'une faïence fine, fut vite concurrencée après 1750 par la production de la manufacture royale de Vincennes-Sèvres, à base de véritable kaolin. Rare de ce fait, elle est très recherchée des collectionneurs.

Salle Isabelle

Tous les courants du XIXème siècle sont représentés : néo-classicisme, avec Ingres (Paolo et Francesca) ; romantisme, avec Géricault, Gudin et Léopold Robert ; orientalisme, avec Decamps et Delacroix, qui en 1832 accompagne au Maroc une mission diplomatique française (Le corps de garde au Maroc, 1847) ; école de Barbizon, avec Théodore Rousseau et Daubigny ; académisme avec Gérome, J.P. Laurens, Meissonier et Protais.


Eugène Delacroix,
Le corps de garde à
Meknès, 1847
 

Chef de file des romantiques, Delacroix, de janvier à juin 1832, accompagna une ambassade française auprès du sultan du Maroc Mulay Abd-er-Rahman au Maroc, à Alger et en Espagne, et découvrit alors l'Orient. Il peignit ce tableau quinze ans plus tard d'après ses carnets de voyage (trois au Louvre et un à Chantilly). Il s'agit de la réplique commandée à Delacroix par le duc d'Aumale du tableau du Salon de 1847 (Wuppertal, musée). Elle fut saisie aux Tuileries en 1848 lors de la révolution.

Cabinet du Giotto

Le cabinet du Giotto est consacré à la peinture italienne primitive.


Enguerrand Quarton,
La Vierge de Miséricorde, 1453

Ce tableau fut commandé en 1452 par le banquier Pierre Cadard pour l'église des Célestins d'Avignon. Il représente la Vierge étendant son manteau de miséricorde sur les clercs à gauche (pape, cardinaux, archevêques, moines), et sur les laïcs à droite (empereur, roi, reine, bourgeois, paysans). De part et d'autre se trouvent les parents du donateur, Jean Cadard et Jeanne des Moulins, en prières, présentés par leurs saints patrons saint Jean-Baptiste et saint Jean l'Evangéliste.


Maso di Banco,
La Dormition de la Vierge

Longtemps attribué à Giotto, ce tableau est aujourd'hui donné à son élève Maso di Banco. Il provient d'un retable comprenant Le couronnement de la Vierge (Budapest, musée des Beaux-Arts) et La Vierge à la Ceinture (Berlin-Dahlem, Staatliche Museum), et viendrait de la cathédrale de Prato. La perspective est soulignée par les lignes de fuite du plafond.
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La salle de la Minerve

Cette salle regroupe des portraits de la famille d'Orléans qui montrent l'évolution de l'art du portrait en France de la fin du XVII ème siècle au milieu du XVIII ème siècle.


Nicolas de Largilliere,
Portrait de la Princesse
Palatine Elisabeth-Charlotte
de Bavière (1652-1722)
Duchesse d'Orléans
 

Le portrait de la Palatine montre la princesse sous les traits d'une source, travestissement mythologique habituel à la fin du XVIIème siècle. L'artiste apporte un grand soin au rendu des étoffes chatoyantes dont les plis cassants donnent un charme extrême au tableau. L'épouse de Monsieur, frère de Louis XIV, était une familière de Chantilly. Spirituelle, elle se décrit ainsi elle-même en 1698 : "Ma taille est monstrueuse de grosseur, je suis aussi carrée qu'un cube ; ma peau est d'un rouge tacheté de jaune ; mon nez a été tout bariolé par la petite vérole, ainsi que mes deux joues ; j'ai la bouche grande, les dents gâtées". Largilliere met en évidence dans ce portrait la forte personnalité et l'intelligence qui émanent de la princesse.

La salle de la Smalah

La salle de la Smalah est actuellement consacrée à la présentation des œuvres données au musée Condé en 1997 par les Amis du musée Condé à l'occasion du centenaire de la mort du duc d'Aumale et acquises à la vente du comte de Paris en 1996.



Benjamin Constant,
Le duc d'Aumale en 1896
 


Jalabert,
Le duc et la duchesse d'Aumale en 1866

Galerie de Psyché

Vitraux en grisaille de la galerie du château d'Ecouen (1542-1544) d'après l'histoire de Psyché.

Les 44 vitraux de l'histoire de Psyché, proviennent du château d'Ecouen (XVI ème siècle). Ces panneaux, commandés par le Connétable Anne de Montmorency pour la galerie de son château d'Ecouen, sont peints en grisaille avec des rehauts de jaune d'argent sur verre blanc. Ils racontent l'histoire de Psyché, tirée de L'Ane d'Or d'Apulée : Vénus, voulant punir Psyché dont la beauté lui portait ombrage, charge son fils Cupidon de la venger ; mais Cupidon tombe amoureux de Psyché ; Vénus, très irritée, persécute les jeunes gens que Jupiter prend sous sa protection ; enfin, la réconciliation réunit tous les protagonistes au banquet des Dieux. Ce thème amoureux fut souvent traité à la Renaissance. Le style des vitraux se rapproche de l'art de Fontainebleau par les attitudes des personnages, les éléments décoratifs et les accessoires ajoutés aux scènes. Plusieurs panneaux portent des dates : 1542 et 1543.

Santuario

Dans cette salle vous découvrirez deux Raphaël - Les Trois Grâces, inspirées d'un marbre antique, et la Vierge de la Maison d'Orléans, provenant de la collection d'Orléans dispersée en 1791 - un panneau de l'histoire d'Esther par Filippino Lippi, et 40 miniatures de Jean Fouquet pour le Livre d'heures (de prières) d'Etienne Chevallier, trésorier du roi Charles VII, représenté sous les traits d'un roi mage.



Raphaël,
Les Trois Grâces

Les Trois Grâces ont été exécutées par Raphaël en s'inspirant d'un marbre antique. La composition a été reprise par l'artiste qui, à l'origine, avait peint la femme de droite esquissant un geste de pudeur, celle du centre posant ses mains sur les épaules de ses compagnes et celle de gauche seule tenant une pomme. Il s'agissait donc d'un jugement de Pâris, le berger figurant sur un panneau de dimensions comparables conservé à la National Gallery de Londres sous le titre Le songe du Chevalier. Par la suite, Raphaël changea de parti et mit une pomme dans la main de chacune des femmes qui deviennent ainsi des Hespérides, conférant l'immortalité à celles à qui elles offriront ces pommes. Les trois boules d'or figurant dans les armes des Médicis pourraient aussi être une allusion au commanditaire du tableau.


Raphael,
La Madone de la Maison d'Orléans

La Madone de la Maison d'Orléans de Raphaël fut acquise par le Régent Philippe d'Orléans et resta dans la collection d'Orléans jusqu'à la Révolution. En 1791 Philippe-Egalité, couvert de dettes, vendit toutes ses peintures italiennes et le tableau passa en Angleterre. Le duc d'Aumale le racheta en 1869 en raison de sa provenance familiale. Il s'agit d'un magnifique exemple des vierges de dévotion privées de Raphaël dans sa jeunesse, encore très médiéval dans son iconographie. Le pot de "tyriana" à l'arrière-plan est un remède contre les morsures de serpent, symbole du mal. Le tyriana et la pomme sont donc l'image du rachat du péché par le Christ.

Le cabinet des Gemmes


Le diamant rose

Le diamant rose est un diamant d'une taille et d'une couleur exceptionnelles, surnommé le Grand Condé car celui-ci l'aurait porté sur le pommeau de sa canne. Il fut volé en 1926 avec les armes d'Abd el-Kader et retrouvé quelques mois plus tard dans des conditions rocambolesques par la femme de chambre d'un petit hôtel près de la gare de l'Est à Paris : en croquant une pomme trouvée dans la chambre d'un client, elle découvrit la pierre, qui fut alors rendue en grande pompe au musée Condé.

La Tribune

Salle des chefs-d'oeuvre, son nom rappelle la Tribune des Offices à Florence. Le duc d'Aumale a consacré deux murs à la Renaissance (superbe Sassetta, Le mariage de saint François d'Assise avec la Pauvreté, fragment d'un polyptique aujourd'hui démembré), un mur aux XVIIème et XVIIIème siècles (Poussin, Champaigne, L'Amour désarmé de Watteau et Le Plaisir pastoral, fête galante dont il créa le genre, Prud'hon), et deux murs au XIXe siècle, opposant face à face le néo-classicisme au romantisme.

Le néo-classicisme est illustré par le Portrait de Bonaparte par Gérard et par les chefs-d'oeuvre d'Ingres, l'Autoportrait à vingt-quatre ans, repris à plusieurs reprises par le peintre qui l'acheva à soixante ans passés, le Portrait de Mme Devauçay, la Vénus Anadyomène, et Antiochus et Stratonice, tableau ayant appartenu au duc d'Orléans, frère aîné du duc d'Aumale.

Le romantisme est représenté par L'entrée des Croisés à Constantinople d'Eugène Delacroix, L'assassinat du duc de Guise de Paul Delaroche, et le Portrait de Talleyrand par Ary Scheffer.


Ingres,
Autoportrait

L'Autoportrait de J.A.D. Ingres (Tribune) : commencé par l'artiste alors âgé de vingt-quatre ans, exposé au Salon puis critiqué, il fut abandonné par l'artiste, puis repris par Ingres qui l'acheva à soixante ans passés, l'épurant, en faisant un camaïeu de tons chauds autour du visage de l'artiste, émergeant d'une chemise blanche éclatante.


François Baron Gérard,
Portrait de Napoléon
Bonaparte Premier
Consul - 1803
 

Le Portrait de Napoléon Bonaparte fut exécuté sous le Consulat par Gérard, il fixe déjà le type physique qui sera celui de l'Empereur Napoléon.

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