Le monument à la mémoire du prince Henri II de Bourbon-Condé fut élevé à Paris dans l’église Saint-Paul-Saint-Louis, église des Jésuites de la rue Saint-Antoine (aujourd'hui église Saint-Paul), par Jean Perrault. Ce prince, père du Grand Condé, avait souhaité que son coeur restât aux côtés de son souverain le roi Louis XIII. Les six figures et les bas-reliefs de bronze commandées en 1648 par le Grand Condé après la mort de son père en 1646 au sculpteur Jacques Sarazin (1592-1660), sont la Religion, accompagnée d’un enfant en pleurs et d’une cigogne et tenant un coeur, la Prudence, en Minerve, à la main une lance où s’enroule un serpent, recevant un coeur d’un enfant symbolisant l’amour divin, la Piété, priant mains croisées sur la poitrine, avec un pélican à ses pieds, la Justice, avec l’épée et les plateaux de la balance, un enfant présentant un bouclier armorié, et enfin un enfant présentant une épitaphe. En 1659, un nouveau marché fut passé pour quatorze bas-reliefs. Les quatre plus grands bas-reliefs évoquent en une longue procession les Triomphes de la Mort, du Temps, de la Renommée, et de l’Eternité.
Au centre, l’urne où les coeurs des princes de la maison de Condé sont venus rejoindre celui du prince Henri II (selon une coutume médiévale, les coeurs étaient conservés en un lieu différent des corps : les corps des Condé étaient déposés dans l’église de Vallery en Bourgogne, près de Sens), d'où le nom de chapelle des Coeurs des Condé donné à ce monument.
Sauvé de la fonte en 1791 par Alexandre Lenoir, fondateur du musée des Monuments Français, le monument fut rendu aux Condé en 1816 et installé par le duc d’Aumale dans la chapelle du château en 1885. Le dernier coeur est celui du fils aîné du duc d'Aumale, Louis d’Orléans, prince de Condé, qui mourut à vingt-et-un ans à Sydney en 1866.













