Réalisations

Parterres français pendant travaux mars 2009 ©RB Presse
La Fondation du Domaine de Chantilly a engagé une grande campagne de travaux de restauration patrimoniale, afin de rendre au domaine sa place parmi les grandes demeures françaises, et de restituer à l’Institut de France en 2025 un Domaine restauré. Cette restauration passe par un programme de grands travaux évalué à 180 millions d’euros, ce qui, en plus de la contribution de Son Altesse l'Aga Khan et de celle de nos partenaires, nécessitera le soutien d’autres mécènes qui souhaitent s’engager dans ce projet global. Au cours des premières années, l'accent a été mis sur des travaux d'infrastructure et sur des travaux d'ordre sanitaire, afin de poser les fondements des futures rénovations. Depuis plusieurs années, des restaurations patrimoniales ont été également engagées sur l’ensemble des composantes du Domaine, afin d’enrichir rapidement l’offre proposée aux visiteurs. Une sélection des travaux les plus marquants est proposée dans la liste ci-dessous.
Parterres français restaurés ©Martine Savart

TRAVAUX D'INFRASTRUCTURE

 

La restauration des soubassements du château

Les soubassements ont été restaurés en plusieurs phases entre 2005 et 2009.  Ces travaux ont nécéssité la vidange des douves, en accord avec le Service de l’Eau, après un transvasement des poissons des douves vers les autres plans d'eau du parc. 

L'intervention de restauration des maçonneries a permis le remplacement à l'identique des pierres altérées, avec respect de l'appareillage, de la largeur des joints, de la taille de finition des parements, y compris piochements, mises en taille de pierres neuves, poses sur cales provisoires, rejointoiement au mortier de chaux hydraulique, injections et consolidations de blocages.

 

La restauration des ponts du château
Le château comprend deux ponts mobiles qui ont été restaurés en 2007-2008 : le pont-levis de la Cour de la Capitainerie et le pont tournant du Jardin de la Volière. Ces ponts ont été créés par le duc d’Aumale lors des travaux de réaménagement des châteaux réalisés par l’architecte Honoré Daumet de 1875 à 1885. Ils ont été réalisés selon le parti traditionnel (un pont-levis à bascule) mais constitués d’éléments modernes de son temps (le fer et la fonte). Ils témoignent ainsi de ces deux courants de la tradition et de la modernité présents partout dans le château de Chantilly. 

Les ponts ont été restaurés à l’identique, mais ont été adaptés pour être apte à leur fonction, ce qui n'était plus le cas. La rouille avait gravement entamé les pièces métalliques, entraînant une perte de capacité porteuse. Les culées en pierre étaient en mauvais état. Les tabliers en petites lattes de bois étaient fragiles. 

 

Le curage des canaux du parc

Le curage de l'ensemble des canaux du parc était une condition préalable à la restauration paysagère du parc.  En effet, le Grand Canal est un tronçon élargi et canalisé de la Nonette, une petite rivière qui se jette dans l'Oise.  Par conséquent, le Grand Canal et les canaux secondaires subissaient un envasement progressif, qui empêchait le drainage suffisant des terrains. Les sols du parc étaient gorgés d'eau pendant les périodes humides, et étaient donc peu porteurs et se dégradaient. Les arbres du parc souffraient d'asphyxie racinaire.

Le curage des canaux, exécuté en 2007, a permis d'améliorer la capacité des terrains à ressuyer et a autorisé un réglage du niveau d'eau dans les canaux adaptés aux différentes saisons. En plus du curage du Grand Canal, des canaux secondaires et du Hameau, les travaux ont compris l'aménagement du Pré Saint-Jean pour la mise en dépôt des boues. Cet espace a été remis en état naturel de prairie en 2012. 
 

La restauration de l'aqueduc souterrain dans le parc

L'aqueduc du Prince ou Canal du Prince est un aqueduc enterré de plus de 8 kilomètres de long, qui allait capter plusieurs sources dans les faubourgs de Senlis et ramenait l'eau par simple gravité jusque dans le parc de Chantilly. Commencé par le dernier Duc de Montmorency au 17ème siècle, et terminé en 1622, il a été en fonction jusqu'au XXème siècle. L'aqueduc assurait un débit d'eau permanent d'environ 300m3/h, qui permettait d'alimenter les fontaines du parterre, appelées le « Miracle des Eaux » : Chantilly était en effet le seul château en France à disposer de jeux d'eaux fonctionnant en permanence. Les jets d'eau des 10 « miroirs », de la Gerbe et des statues des Fleuves du Grand Degré fonctionnaient ainsi avec l'eau amenée par cet aqueduc. La restauration de l'aqueduc a permis d'alimenter de nouveau les jets du parterre nord par ce système ancien. Les travaux ont permis la reprise du radier par un enduit romain épais assurant l'étanchéité, et la consolidation de la voûte bâtie en moellons. 

 

La restauration des menuiseries des Grandes Ecuries

La restauration de ces grandes menuiseries a été entamée en 2007 et continue jusqu'à ce jour. Ces menuiseries sont d'une taille extrêmement importante (près de 7 m x 3 m) et n'ont fait l'objet d'aucune intervention depuis le XIXème siècle. Leur stabilité pourrait être menacée. Elles sont donc déposées et restaurées en atelier. Elles font l’objet d’une restauration fidèle à l’identique, avec conservation du vitrage si possible, dégagement des feuillures, purge des éléments de bois défectueux, remplacement partiel par greffes et entures d’éléments en chêne neuf, restauration des éléments en fer forgé, et la remise en peinture de l’ensemble. La dépose des menuiseries nécessitera la mise en place d’un échafaudage à l’intérieur du bâtiment, au droit de chaque baie en restauration. 
 

Les égoûts du château

Jusqu'en 2008, l'ensemble des eaux usées et eaux vannes du château se rejetaient dans un réseau d’égouts réalisé au XIXème siècle par le duc d’Aumale, et étaient rejetées dans les douves sans aucun traitement. Ces installations posaient des problèmes d’hygiène et des nuisances importantes pour les visiteurs (odeurs…).  Un des premiers chantiers de la Fondation a donc concerné la remise en conformité des installations : les eaux usées et eaux vannes sont désormais évacuées vers le réseau d'assainissement public, tandis que les eaux pluviales sont toujours rejetées dans les douves. 

 

 

RESTAURATIONS PATRIMONIALES DANS LE CHÂTEAU ET SON MUSEE CONDE

 

La restauration des Grands Appartements

La Fondation a engagé la restauration successive des salles constituant les grands appartements des Princes de Condé. Ces appartements ont été aménagés à l'étage du petit château au milieu du XVIe siècle, et ont fait l'objet vers 1718-1720 d'un aménagement de lambris blanc et or. Ce décor est réalisé sous la direction de l'architecte Jean Aubert. L'ensemble constitue l'un des témoignages majeurs de cet art développé sous la Régence, à partir de 1715, transition vers le grand art Rocaille du règne de Louis XV. Cette campagne de travaux a été rendue possible par la reprise de la couverture du Petit Château entre 2002 et 2005, ce qui a permis de supprimer les problèmes d'humidité et d'infiltrations dans cet espace. Après ont été restaurés successivement : la Galerie des Batailles en 2005-2006, la Grande Singerie en 2007-2008, et le Salon de Musique en 2010-2012. Les restaurations sont faites par des équipes qui rassemblent les spécialités de restaurateurs de lambris, restaurateurs de peintures, restaurateurs de dorures, restaurateurs de serrurerie, restaurateurs de parquets…
  

La restauration de la Loggia et du Débotté

La loggia est située au centre de l’aile construite au XVIe siècle pour Anne de Montmorency. Les pièces actuelles ont été créées au XIXème siècle pour le duc d'Aumale : d'un côté une loggia fermée et vitrée donnant sur les douves, et de l'autre côté le « Débotté », donnant sur les pièces privées du duc. Elles ont reçu un décor inspiré du XVIe siècle, en hommage au connétable Anne de Montmorency, et constituent un vrai pastiche de la Renaissance.
Cet ensemble avait beaucoup souffert des conditions climatiques : situé derrière la verrière qui donne sur les douves, et exposé au sud-est, il recevait l’été la chaleur du soleil ; l’hiver, la proximité des douves et l’absence de chauffage dans cette aile du château créait une humidité préjudiciable à sa conservation. La restauration a commencé par le doublage de la verrière, qui a permis ensuite la restauration du décor. La Loggia, chef-d’oeuvre des arts décoratifs du XIXe siècle, est incluse dans la visite des petits appartements depuis sa restauration en 2008.
 

 

RESTAURATIONS ARCHITECTURALES ET PAYSAGERES DANS LE PARC

 

La restauration du parterre Le Nôtre (dit Parterre Nord)

Le Grand Parterre de Chantilly a été dessiné par Le Nôtre entre 1665 (dessin des jardins et des bassins) et 1671 (fin des travaux du Grand Canal).

Ces jardins sont alors de type classique, avec des bordures fleuries et des topiaires. Le dessin de l’époque est basé sur une fausse perspective, adaptée à la dissymétrie des deux parterres est et ouest. Mais la grande originalité de ce jardin est le fait que les jeux d’eaux des 10 bassins, appelés les Miroirs, de la Gerbe et des fontaines fonctionnaient en permanence, sans aucune intervention de machinerie, grâce à l’alimentation en eau purement gravitaire, à partir d’un aqueduc enterré qui provenait de Senlis, à 8 km du site. Les jets des Miroirs jaillissaient alors à la hauteur de 15 pieds (5 mètres). Les canalisations initiales étaient en bois ou en fer, puis en fonte (XVIIIe siècle).

Détruit à la Révolution, le Grand Parterre a été restauré à la fin du XIXe siècle par le duc d’Aumale, qui supprima la fausse perspective en recréant deux massifs presque symétriques, en supprimant bordures fleuries et topiaires, et en essayant, en vain, de recréer les effets des jeux d’eau.

Les travaux de restauration ont été exécutés de 2007 à 2009. Ils avaient pour but de restaurer le parterre dans son état au XIXe siècle, sauf pour les jeux d’eaux qui ont été restitués dans la mesure du possible en leur état initial, en recréant notamment l’alimentation gravitaire qui fit des jeux d’eaux de Chantilly un fleuron de l’ingéniosité de Le Nôtre.

 

La restauration du Mur Louis XIII

La construction du mur Louis XIII, dans les dernières années du XVIIème siècle, est à rattacher aux travaux qui conclurent l'aménagement du Grand Axe des jardins de Chantilly par André Le Nôtre pour le Grand Condé.  Ouvrage destiné en premier lieu au soutènement de la terrasse du château d'Enghien, ce mur illustre parfaitement la complexité que représente l'aménagement d'un jardin classique. Il est en effet simultanément un ouvrage technique lié au maintien du terrain au revers, une oeuvre d'architecture paysagère très habile qui permet d'équilibrer l'ensemble formé avec le château et le Grand degré, et enfin un ouvrage décoratif par l'emploi de pilastres à bossages alternant avec des niches en plein cintre.
Le mur Louis XIII était très endommagé notamment à cause d'infiltrations d'eaux provenant du sommet de la terrasse qui le surplombe, et sa stabilité était menacée. Les travaux ont compris les interventions suivantes : nettoyage de l'ensemble des parements accompagné d'un traitement algicide et lichenicide, reprise de la maçonnerie de pierre de taille de grand appareil en roche franche de Saint-Maximin, reprise des soubassements réalisés en liais de Saint-Maximin, pierre particulièrement adaptée en raison de sa grande résistance, et création d'un dispositif enterré empêchant en partie haute du mur la percolation des eaux de pluie.
  

La restauration de la Maison de Sylvie

Le projet de restauration de la maison de Sylvie cadre avec la mise en valeur du Domaine de Chantilly.  En effet, il est prévu que la maison de Sylvie devienne un lieu privilégié, conservant sa vocation de demeure historique pouvant être également un lieu d'accueil et de réception.
Le projet développé dans ce cadre propose la restauration en conservation de l'état de l'époque du duc d'Aumale proche de l'état actuel. Le programme de travaux a intégré la restauration des façades associant ouvrages de pierre de taille et panneaux d'enduits mouchetés, restauration des charpentes et couvertures en ardoises, restauration des menuiseries extérieures. Les travaux ont également permis de restaurer les décors intérieurs, parquets, lambris et leurs décors peints, plafonds. Afin d'assurer la sécurité et le confort nécessaire à l'accueil des visiteurs, les dispositifs techniques (électricité, chauffage) ont également été révisés.

 

La restauration du Jardin Anglais

Cette opération comprend la restauration et la remise en eau de l'Île d'Amour, du pont des Grands Hommes, et de la fontaine de Beauvais, ainsi que la restauration paysagère des espaces environnants. Ces trois éléments font partie du Jardin Anglais, situé dans la partie occidentale du parc et dont l'aménagement remonte aux travaux entrepris par l’architecte Dubois pour Louis-Joseph de Bourbon dans les années 1818-1820. Cet aménagement s'est fait sur le site de jardins réguliers ruinés lors de la Révolution et dont la fontaine de Beauvais était et demeure le seul témoin bien conservé. Le Pont des Grands Hommes est une fabrique créée à l'époque de la Restauration, lors des travaux de l'aménagement initial du Jardin Anglais en 1820. L'Île d'Amour, sous sa forme actuelle, est le fruit des réaménagements réalisés au XIXème siècle par le duc d'Aumale. Cette fabrique construite sur une partie des soubassements de l'Île d'Amour du XVIIème siècle a été conçue en 1886 et réalisée en 1895-1896.
L'Île d'Amour et le Pont des Grands Hommes n'ont fait l'objet d'aucune campagne de restauration autre que celles de la fin du XIXème siècle. Leur état de conservation était devenu préoccupant. L'opération, en cours en 2012, comprend la restauration de la maçonnerie / pierre de taille, la remise en état de la charpente des ponts, la restauration des treillages d'art et des sculptures, la fontainerie avec restauration des ouvrages de plomberie au niveau des fontaines, et les travaux de plantation et de jardinage.
Le jardin anglais restauré a été inauguré le 29 septembre 2012.

 

La restauration du Grand Axe du château de Chantilly

Il s'agit de la zone englobant le pont de la Grille d'Honneur jusqu'à la Terrasse du Connétable. Le début des travaux est prévu le 29 octobre 2012.
 

RESTAURATIONS ET AMENAGEMENTS DANS LES GRANDES ECURIES

 

La restauration de la Cour des Remises

La cour des Remises est un bâtiment en U adossé aux Grandes Ecuries et percé de trois porches axiaux qui permettent de rejoindre le manège, la rue du Connétable et la cour des Chenils. Au rez-de-chaussée, le bâtiment comprenait d'anciennes remises et selleries, les deux étages étaient consacrés au logement du personnel.
La restauration à l'identique des bâtiments de la cour des Remises comprend la réfection des façades en pierre de taille, la reprise totale de la toiture (charpente et couverture en ardoise), et des structures (planchers bois), et la restauration des menuiseries bois, dont une grande partie datait de l'origine du bâtiment au XVIIIème siècle. 

 

La reprise des gradins sous le dôme

Depuis l'ouvertue du musée vivant du cheval ouvert en 1982, des spectacles équestres se tenaient sous le dôme. Cet espace posait des problèmes de sécurité et offrait un confort très rudimentaire aux spectateurs. 

Les travaux de reprise des gradins ont permis d'allier plusieurs objectifs :

- Un meilleur confort des spectateurs qui permet un usage plus diversifié de cet espace (spectacles, concerts, conférences, …), par la mise en place de sièges individuels plus spacieux et plus confortables, et un système de chauffage mieux adapté.

- La sécurité, grâce à des gradins et un système de chauffage conformes aux exigences de sécurité dans les établissements accueillant du public,
- La mise en valeur de l'architecture : les perspectives de la nef des Grandes Ecuries ont été mises en valeur, et la porte donnant sur l'hippodrome peut désormais être réutilisée pour des manifestations exceptionnelles.

Vue aérienne domaine de chantilly © JL Aubert
restauration du hameau domaine de chantilly © M.Savart
hameau restauré domaine de chantilly © M.Savart
jardin de la volière domaine de chantilly © Béatrice Lécuyer-Bibal
Grande singerie après restauration domaine de chantilly © Hermine Cleret
loggia après restauration domaine de chantilly © Andre Pelle
Salon violet restauré © Béatrice Lécuyer-Bibal
Salon Condé © Béatrice Lécuyer-Bibal
Bibliothèque du théatre restaurée © André Pelle
La tribune chateau de chantilly © Béatrice Lécuyer-Bibal